Je vous en prie My Darling, je vous l'ai déjà dit, nous sommes tous victimes de la causalité : à chaque fois que je bois trop de vin, il faut que je pisse. Cause, effet.
L'homme libre est responsable de ses actes. Une fois qu'il a pris conscience du
pourquoi il peut ainsi se révolter et s'insurger contre sa condition initiale, contre ce qu'on veut faire de lui. Chacun devient alors maître de son
destin et donc se crée sa propre
destinée. Tous ceux qui invoquent le destin en guise de justification ne sont que des lâches incapables de se responsabiliser. Il n'existe pas, c'est à nous de construire notre chemin, nous sommes les seuls rois de ce que nous sommes. Les sceptiques diront que chacun est à l'effigie de son éducation, que le milieu et les conditions de vie dans lesquels nous avons grandit sont les seuls moteurs de ce que nous sommes. Certes, je ne nie pas puisque c'est vrai. Mais si chacun prend conscience de cette éducation, si chacun sait comment il a été élevé il peut alors en connaître les failles et les contrôler. Personne n'est prisonnier de son destin du moment qu'il en connait les plans : dire que l'Homme peut surpasser son destin c'est dire qu'il n'existe pas de
condition humaine.
"L'homme est fait comme ça, on n'y peut rien". Arrêtez avec ça ! Dans ce cas tout le monde peut se permettre tout et n'importe quoi avec une excuse pareille.
"Je suis comme je suis, je n'y peux rien". Tous des lâches que dis-je, incapables de contrôler leur propre personnalité. Pire, certains ont parfaitement conscience de leurs défauts et de ce qu'ils sont et s'en servent comme prétexte.
"Je suis colérique, je n'y peux rien, je suis lunatique, tu fais avec..."L'homme n'est pas défini préalablement, la nature humaine n'a jamais existé mise à part pour nous distinguer des animaux et des plantes. On parle d'instinct animal parce que ces derniers sont dénués de toute conscience, alors que l'homme, lui, en est doté. C'est là qu'est la grande différence. Chacun a la possibilité de changer ; nous n'avons pas de caractéristiques immuables. C'est bien connu : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas.
L'homme n'est pas cause de ce qu'il est, il en est l'effet. A nous de comprendre ces effets, car l'homme n'échappe pas au déterminisme.
Je ne suis pas femme, je deviens femme, a écrit très justement Simone de Beauvoir.
L'essence de l'homme n'est pas antérieure à l'existence : l'existence précède l'essence.
L'homme surgit dans le monde, existe et se définit après.
Au départ, l'homme n'est rien... il sera tel qu'il se sera fait., de notre Jean Paul Sartre.